Éthique, inégalités de genre et résistance : une lecture Foucaldienne de l’éthique du «care» de Carol Gilligan

Gabrielle Lévesque est étudiante à la maîtrise en philosophie à l’Université de Montréal et son principal intérêt académique concerne l’éthique féministe.

Samedi 29 mars à 14h30

Résumé:
Cette présentation sera un compte-rendu de ma thèse de maîtrise rédigée en 2013 à University of British Columbia (UBC). À travers une analyse Foucaldienne de la théorie du «care» de Carol Gilligan, je tenterai de répondre à la question suivante : « Comment pouvons-nous expliquer la persistance des inégalités de genre dans les pays occidentaux où l’égalité formelle a été atteinte, et comment ces inégalités peuvent-elles être combattues? Ma présentation sera divisée en deux temps. Tout d’abord, à l’aide du concept de « pouvoir disciplinaire », je démontrerai comment le pouvoir disciplinaire patriarcal contribue à la formation d’une certaine psychologie féminine. Je soutiendrai ici la thèse que ce sont les contradictions entre la psychologie féminine genrée telle que produite par le système patriarcal et les valeurs qui sont récompensées au sein de ce même système qui expliquent la persistance des inégalités entre les hommes et les femmes. Les femmes sont poussées par le système patriarcal à adopter des valeurs de soin envers les autres, d’entraide, de communication, etc., alors que ce même système favorise les valeurs de compétition, d’indépendance et d’autonomie de l’individu. Les inégalités persistantes entre les hommes et les femmes, notamment au niveau économique, peuvent être en partie expliquées par la thèse que j’avance ici.
Dans un second temps, à partir de la partie éthique de l’œuvre de Foucault, j’expliquerai comment les mécanismes de pouvoir qui maintiennent la femme dans un état d’infériorité peuvent être combattus. Grâce aux concepts des « techniques de soi » et des « pratiques de la liberté », j’expliquerai comment les femmes peuvent utiliser la technique de « prise de conscience» telle que développée dans la seconde vague du féminisme afin de développer un projet politique de résistance contre ces inégalités. Je soutiendrai l’idée que c’est notamment grâce à la revalorisation du soin et à la redistribution des tâches liées au soin que les femmes pourront faire avancer l’égalité des genres.

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