Femmes autochtones et intersectionnalité: Féminisme autochtone et le discours libéral des droits de la personne

par Sarah-Maude Belleville-Chenard
Étudiante à la maitrise en droit, Sarah-Maude s’intéresse aux revendications des peuples autochtones et plus particulièrement, dans le cadre de son mémoire, à l’intersectionnalité politique vécue par les femmes autochtones au Canada.

Vendredi 27 mars 2015 à 11h00
Local B-3270

Résumé:
Les femmes autochtones vivent une discrimination intersectionnelle, en ce qu’elle provient d’au moins deux sources : le genre et la race (ou la culture), et qu’elle est plus complexe que la somme de ses sources. Par conséquent, les revendications des femmes autochtones se situent sur au moins deux plans : elles ont des revendications comme autochtones et comme femmes à l’intérieur de leurs communautés. La situation des femmes autochtones canadiennes a été ponctuée de tentatives, souvent vaines mais parfois fructueuse, de faire reconnaître cette discrimination particulière.

Partant de la prémisse que l’État canadien doit reconnaître le droit à l’autodétermination des peuples autochtones et par le fait même le droit autochtone, nous nous interrogeons sur les moyens qui permettraient aux femmes autochtones d’exercer l’influence nécessaire pour faire reconnaître et accepter leurs revendications politiques et juridiques dans les processus décisionnels de leurs communautés.

Féminisme et revendications autochtones sont-ils nécessairement antinomiques? Pour certaines auteures autochtones, une approche libérale fondée sur la « structure des droits » est incompatible avec les valeurs autochtones. Comment surmonter ces objections en apparence inébranlables? Le problème des femmes autochtones est-il simplement une affaire de « droits » non reconnus? N’est-ce pas plutôt un problème de rapports de pouvoir à l’extérieur, mais également à l’intérieur, des communautés?

Au-delà d’un cadre théorique basé sur les droits de la personne, certains auteures croient qu’une approche basée sur le principe démocratique permettrait aux femmes autochtones de faire valoir leurs revendications en tant que femmes et en tant qu’autochtones d’une manière plus efficace. En effet, la participation démocratique de tous les membres de la communauté permettrait de contourner les problèmes théoriques liés à une dichotomie entre droits individuels et collectifs, en mettant l’accent sur le processus décisionnel plutôt que sur la valeur des décisions en découlant. Dans cette perspective, féminisme et revendications autochtones pourraient s’allier avantageusement.

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