Groupe féministe vidéoludique: culture toxique et jeux alternatifs

Pascale Thériault, Alexis Berris et Roxanne Chartrand
Études cinématographiques, UdeM

La culture vidéoludique est largement teintée d’une masculinité militarisée. Celle-ci s’expliquerait notamment en raison des origines militaro-industrielles du jeu vidéo (Kline et al. 2003): les joueuses sont victimes de harcèlement, les créatrices ne sont pas nombreuses et toutes doivent jongler avec des représentations et des rôles narratifs sexualisés et stéréotypés. Toutefois, on assiste de plus en plus à des tactiques de résistance féministe, notamment dans la création de jeux qui défient les normes vidéoludiques, à la fois dans la forme et dans les thématiques. La communication présentera tout d’abord la mission du Groupe Féministe Vidéoludique de l’Université de Montréal, un espace de discussion sécuritaire qui a pour but de réintroduire les thématiques et réflexions féministes dans les jeux vidéo. Afin de comprendre l’importance d’un tel groupe, la présentation abordera également la culture vidéoludique toxique (Consalvo 2012) et les raisons pour lesquelles le sexisme est aussi présent au sein de cette culture. Nous nous dirigerons ensuite vers la problématisation ludique des enjeux liés aux féminismes, c’est-à- dire de la manière dont les créateurs.trices se réapproprient l’objet vidéoludique afin de discuter de ces enjeux et de les illustrer de manière participative. Nous discuterons également de ce que la développeuse de jeux Zoe Quinn (2015) nomme les alt games, qui s’inscrivent dans cette mouvance féministe qui défie la masculinité hégémonique des jeux vidéo. Afin d’avoir un aperçu d’un alt game et de la mission du Groupe Féministe Vidéoludique, nous analyserons le jeu Queers in Love at the End of the World (Anthropy 2013) dans une perspective féministe.

Publicités