La déqualification professionnelle des aides familiales immigrantes sous le Programme des aides familiales résidantes (PAFR) est-elle durable?: Exploration de la requalification professionnelle de celles-ci

par Laurence Matte Guilmain
Laurence Matte Guilmain est une étudiante à la maîtrise en Relations industrielles. Elle effectue son mémoire sur l’intégration des femmes immigrantes sur le marché du travail. Elle est affiliée à la Chaire des relations ethniques du Centre d’études ethniques des universités montréalaises (CEETUM). Elle s’intéresse au transfert de connaissances favorisant l’intégration socioéconomique des femmes immigrantes au Québec ainsi qu’à leur pleine participation citoyenne face à l’intersectionnalité des discriminations dont elles doivent faire face. Elle se questionne aussi les disparités de traitement et les inégalités dont font face les travailleuses migrantes comme effet d’une mondialisation capitaliste.

Laurence Matte Guilmain s’implique hebdomadairement dans l’Organisation des femmes philippines du Québec (PINAY) dans la défense de droits des gens de la communauté. Son implication lui a offert un baguage important de connaissances terrains et d’échanges sur divers enjeux qu’elle aimerait mettre à profit pour la fin de la rédaction de son mémoire et son choix de concentration dans son doctorat futur.

Samedi 28 mars 2015 à 15h20
Local B-3325

Résumé:
Dans ce projet, l’intégration au marché du travail des aides familiales immigrantes sous le Programme des aides familiales résidantes (PAFR)* est explorée, plus spécifiquement leur parcours de requalification professionnelle face à la déqualification professionnelle imposé par le programme. En effet, la requalification par le retour aux études est une stratégie pour faire face à des diplômes étrangers dévalués et autres obstacles à l’intégration d’emploi selon ses compétences.

Le PAFR est un programme du gouvernement fédéral imposant à des femmes, majoritairement des Philippines, de se séparer de leur famille pour venir au Canada sous un statut temporaire, travailler pendant au minimum 24 mois, au domicile de l’employeur inscrit sur leur permis de travail, contre la possibilité de résidence permanente. Les conditions du programme, comme le statut temporaire ainsi que l’obligation de résidence sur le milieu de travail, placent ces travailleuses sous une situation de précarité et d’extrême vulnérabilité. Ce programme dresse aussi plusieurs obstacles à l’intégration sociale et économique de celles-ci. En effet, on sait que plus de 80% ont un diplôme universitaire dans leur pays d’origine, mais qu’elles subissent une importante déqualification professionnelle lorsqu’elles exercent leur l’emploi d’aide familiale sous le PAFR, ainsi qu’après avoir obtenu leur résidence permanente au pays.

Donc, ces travailleuses sont-elles exposées à une dynamique de violence raciste et sexiste créée par un programme fédéral basé sur une logique néolibérale? Est-ce que les conditions de vie et de travail du PAFR ainsi que l’intersectionnalité des diverses discriminations auxquelles elles sont exposées, empêchent les travailleuses de se requalifier? Quels sont les facteurs influençant sur leur parcours de requalification?

Pour la présentation à ce colloque un portrait de l’état des lieux des connaissances sur le sujet, soit la situation de vie et de travail de ces femmes sous le PAFR et suite à celui -ci, sera fait. De plus, un survol de la méthodologie utilisée ainsi que du début de la collecte de données sera de la présentation. Finalement, en lien avec ma collecte de donnée, une partie de la présentation sera consacrée à la description de deux organismes communautaires féministes oeuvrant à la défense de droits de ces travailleuses en ciblant ce qui les distingue par leurs valeurs et leurs pratiques.

*Il est important de mentionner que des changements ont été fait au PAFR en novembre 2014. Ces changements seront décrits brièvement lors de la présentation, mais n’ont pas de répercussions directes sur mon projet de recherche.

Pour suivre ou contacter l’auteure:
laurence.matte.guilmain@umontreal.ca

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