La figure butch, la masculinité comme terrain d’expression

Isabelle Cail
Histoire de l’Art, UdeM

En partant de l’idéologie d’un féminisme lesbien qui fleurit dans les années 1970, et qui prescrit des relations intimes dépourvues de genres, je souhaite débattre de la force créative des catégories genrée homme/femme dans la constitution des identités queer. Je veux particulièrement m’arrêter sur la figure de la lesbienne butch qui fait l’objet du mémoire que j’écris dans le cadre de ma maîtrise en Histoire de l’Art. En effet, cette identité s’est vu déclarée obsolète et les jeux de rôles sexués notamment portés par le couple butch/femme ont été relayés à une vulgaire reproduction de la misogynie hétérosexuelle. Après avoir exposé les dangers d’un tel discours qui universalise les expériences homo-érotiques des femmes butch, je souhaite dévoiler la manière dont cette identité, en incarnant une masculinité, déstabilise son supposé caractère naturel. J’utiliserai alors l’analyse des écrits de Monique Wittig produite par Judith Butler dans son fameux Gender Trouble (1990), au travers duquel elle expose la dé-essentialisation de la masculinité générée par le corps queer de la butch notamment en insistant sur le potentiel érotique des catégories genrées. Pour cela, je me reposerai également sur les propos de Judith « Jack » Halberstam qui ouvre son ouvrage Female Masculinity (1998) en affirmant que la masculinité a tout autant été construite par des corps d’hommes que des corps de femmes. Ma communication se voudra inscrite dans une approche intersectionnelle. Je considèrerai particulièrement les vecteurs de genres, de sexualités, de races et de classes sociales.

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