L’abolitionnisme et les enjeux ontologiques de la formation du consentement

Jérôme Gosselin-Tapp est étudiant au baccalauréat en science politique et philosophie. Ses principaux champs d’intérêt sont l’épistémologie des sciences sociales ainsi que la sociologie politique.

Samedi 29 mars à 8h30

Résumé:
L’objectif de cette présentation est d’adopter une perspective nouvelle sur le débat ontologique que soulève la position abolitionniste concernant la prostitution. Celle-ci soulève notamment le problème de la formation du consentement des individus, et c’est une question qui s’articule principalement autour d’enjeux théoriques.

Le débat entourant la formation du consentement des individus à la prostitution est caractérisé par deux conceptions opposées de la personne. La première thèse considère que la formation du consentement à la prostitution est exogène à l’individu. Autrement dit, des paramètres extérieurs à la subjectivité des travailleuses ou travailleurs du sexe détermineraient leur choix d’exercer ce métier. À l’opposé de cette première thèse, la tradition libérale défend quant à elle une conception de l’individu comme étant assez autonome pour agir en fonction d’aspirations et de finalités qu’il s’est lui-même fixées, et ce, indépendamment des rôles symboliques qu’il joue dans la société. Dans cette conception libérale des individus, on voit bien que la formation du consentement est endogène, et non exogène.

Plus concrètement, cette présentation vise à démontrer qu’il est possible de traduire ces deux différentes conceptions du rapport entre l’individu et la société sous la forme de propositions en logique modale et de construire une modèle de déduction naturelle qui vérifie l’adéquation de la position abolitionniste. L’élément original de cette présentation est que les prémisses de son expérience de pensée présupposeraient l’idée d’une humilité épistémologique, c’est-à-dire le fait de reconnaître à la fois la possibilité de l’existence d’une autonomie individuelle, et à la fois la possibilité de l’inexistence de cette même autonomie.Malgré les apparences, il est important de souligner ici que cette posture de base n’est pas du tout libérale, car elle ne se base pas sur une conception de l’individu comme étant autonome. Le but de l’exercice est justement de considérer à la fois la conception de l’individu dont la formation du consentement serait endogène, et à la fois la conception inverse.

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