Les FEMEN, Amazones nouvelles

Par Pascale Joubi
Pascale Joubi est doctorante au département des Littératures de langue française à l’Université de Montréal. Sa thèse porte sur les représentations littéraires et picturales de la figure de l’Amazone et de ses avatars modernes de la fin du XIXe siècle à aujourd’hui.

Vendredi 18 mars,
Panel 1, de 10h30 à 12h30
Salle S1-139 – Pavillon Jean-Coutu

Résumé

Depuis 2008, le groupe FEMEN, né en Ukraine mais rapidement devenu international, organise des « actions seins nus » dans le but de combattre l’oppression des femmes. Envahissant les rues et les médias sociaux, les FEMEN se définissent par des actions, des mots et des images. Ainsi exposent-elles leur objectif dans leur Manifeste : « pirater le système médiatique rempli de ces stéréotypes qui, en une image, assignent une place de subalterne à la femme dans la société, pour les remplacer par nos images d’amazones » (FEMEN, Manifeste, Paris, Éditions Utopia, 2015, p. 48). Femmes guerrières vivant en communauté, affranchies des lois des hommes, les Amazones sont de redoutables écuyères au sein coupé, selon l’image que la mythologie grecque en a fixé. Clamant haut et fort leur filiation avec ces figures féminines de la révolte et de l’indépendance, les FEMEN cherchent à « créer un nouvel idéal féminin » (ibid.) qui s’oppose aux lieux communs d’un féminin conventionnel (bonne épouse/bonne mère ; femme soumise et charitable) et rompt avec les normes genrées et les attentes sociales à l’égard du sexe dit faible. Quels traits de la guerrière mythologique rémanent dans les FEMEN et comment celles-ci la réinvestissent dans leurs écrits et leur (auto)représentations picturales ? Ces deux questions seront au cœur de la réflexion que je proposerai pour comprendre à la fois l’imaginaire puissant d’un féminin nouveau genre que l’Amazone antique permet de développer et la forme que peut prendre aujourd’hui cette figure mythologique de femme souveraine.

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