Les philosophes féministes du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle dans le corpus des cours au CÉGEP

Marie-Eveline Belinga, professeure de philosophie au collégial, CÉGEP de l’Outaouais. Détentrice d’un baccalauréat et d’une maîtrise en philosophie de l’Université de Montréal

Samedi 29 mars à 16h30

Résumé:
La communication orale que je souhaite proposer s’appuie sur mon expérience d’enseignante de la philosophie au collégial, au CÉGEP de l’Outaouais, à Gatineau (Québec).

J’ai obtenu un baccalauréat et une maîtrise en philosophie de l’Université de Montréal, et j’ai suivi une formation pédagogique à l’Université de Montréal pour l’enseignement de la philosophie au collégial. J’enseigne la philosophie au CÉGEP depuis 4 ans. J’ai constaté en consultant les différents manuels de philosophie qui sont destinés aux étudiants et étudiantes que les femmes philosophes sont rarement présentées ou citées à l’intérieur des manuels de philosophie. Pourtant nous avons un riche héritage philosophique et féministe. La thèse que je tente de défendre est la suivante: les philosophes féministes de tradition française comme Marie de Gournay, Gabrielle Suchon, Olympe de Gouges, philosophes féministes du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle pour ne citer qu’elles, ne font pas partie de la tradition philosophique dominante. De ce fait; elles ne semblent pas être enseignées dans les cours de philosophie au collégial, elles ne sont pas représentées dans les manuels de philosophie au collégial destinés aux étudiants et étudiantes, elles sont évincées de l’héritage philosophique. Je soutiens le point de vue selon lequel , il est évident que l’enseignement de la philosophie au collégial, continue d’encourager des biais implicites et de renforcer des stéréotypes selon lesquels l’activité philosophique est une activité « essentiellement » d’hommes de l’Antiquité à la Modernité. La situation semble alarmante car plusieurs étudiants et étudiantes du CÉGEP continueront d’ alimenter ces stéréotypes du fait de l’enseignement traditionnel philosophique transmis au collégial. En tant qu’institution d’éducation, nous avons la responsabilité de nuancer cette interprétation traditionaliste en intégrant des femmes philosophes féministes dans le corpus des cours et dans les manuels .

J’ai, pour ma part , intégré cette année au corpus de mon cours l’être humain, les trois femmes philosophes précédemment citées . Je pourrai témoigner de mon expérience au cours de ma communication. Je souhaite que les milieux universitaires et collégiaux se penchent sur cet héritage des philosophes féministes françaises du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle et s’engagent à le transmettre .

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