L’humour et la (re)présentation des femmes; le cas spécifique des « memes »

par Julie Lépine
Après avoir complété un baccalauréat en Communication politique et société à l’UQAM, Julie Lépine s’est dirigée vers le domaine de la sociologie afin de satisfaire sa curiosité. Les diverses lectures, ainsi que les rencontres avec des collègues et professeurs passionnés, lui permettent de se rendre compte qu’il est possible de jumeler bon nombre de ses intérêts en un champ de recherche ; soit l’étude de la culture geek, l’humour comme arme politique et la représentation des femmes et du genre.

Julie Lépine est présentement en rédaction à la maîtrise au département de sociologie de l’UdM. Son mémoire porte sur l’utilisation de l’humour via les meme et la représentation des stéréotypes sexuels qui en ressort.

Samedi 28 mars 2015 à 14h00
Local B-3325

Résumé:
Plusieurs auteurs (McRobbie: 1994, 2004, 2009; Hall: 1997, 2008; Blloshmi: 2013) affirment que l’humour n’a pas pour seule fonction de divertir, mais peut aussi servir à couvrir certains discours discriminatoires. Partant de la prémisse du mythe voulant que notre société n’est plus raciste, ni homophobe, ni sexiste, il serait désormais socialement acceptable de rire de tels propos puisqu’ils s’inscriraient dans l’ironie (Blloshmi: 2013). Le sexisme ironique est défini comme l’avènement du dépassement du sexisme. Le sexisme n’apparait alors comme n’étant plus une réalité et peut ainsi être considéré comme drôle. Ce comportement naturalise le sexisme: en banalisant, par l’humour, ces commentaires, on tente d’effacer l’idéologie qui sous-tend ce phénomène. Le chercheur doit alors « [dé]masquer les pratiques de codage à l’œuvre » (Hall: 2008: p. 175) et se demander si « is this just a joke in bad taste, or does it have a deeper meaning? » (Hall: 1997: p. 230).

La présente communication propose d’analyser le rapport entre une narration sexiste et son imbrication dans l’humour, et ce sur un terrain spécifique et propre à l’ère 2.0; les meme. Les messages véhiculés par les meme ont de particulier qu’ils présentent un encodage double; d’une part, les meme sont des images iconiques et possèdent donc déjà un encodage; d’autre part le narrateur impose une toute nouvelle signification à l’icône afin de construire son histoire. Plus encore, les meme disposent d’un caractère viral et leurs auteurs profitent de l’anonymat offert par l’Internet.

Suite à l’observation des meme et d’une réflexion sur la signification de ceux-ci, nous tenterons de comprendre comment ce type de message est construit, comment il est reçu par ses adhérents et s’il existe une critique féministe qui en émane.

Pour suivre ou contacter l’auteure:
julie.lepine@live.ca

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