Penser la phénoménologie féministe avec Iris Marion Young

Marie-Anne Casselot
Philosophie, Université McGill

Les écrits phénoménologiques d’Iris Marion Young ont pavé le chemin pour la phénoménologie féministe contemporaine. À partir de certains moments précis de sa pensée, de Throwing Like a Girl (1977) jusqu’à ses essais Gender as Seriality (1994) et Lived body vs Gender (2002), il est possible de dégager les grandes lignes de sa méthodologie féministe en phénoménologie. Cette présentation a pour objectif de démontrer la pertinence et la cohérence de Young dans la discipline de la phénoménologie féministe. Tout d’abord, en découvrant comment Young définit sa pratique phénoménologique dans les articles nommés précédemment, cette présentation établira les critères généraux de sa phénoménologie féministe : a) Un engagement philosophique direct ou indirect avec la phénoménologie traditionnelle (transcendantale, existentielle, etc.) ; b) Une description de l’expérience vécue des femmes et des autres groupes opprimés ; c) Une volonté de rendre visible les effets corporels, psychologiques et affectifs de l’oppression vécue ; d) Le développement d’outils conceptuels propres afin de construire une réflexion féministe. J’aborderai spécifiquement certains de ses textes phénoménologiques tels que Throwing Like a Girl, Breasted Experience et Menstrual Meditations afin d’illustrer sa façon de décrire l’expérience corporelle féminine. J’esquisserai aussi, en conclusion, les limites de sa pensée phénoménologique face à une analyse intersectionnelle, spécifiquement à propos des phénomènes de racisation, des corporalités et identités trans, et finalement des capacités.

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