Philosophie écoféministe: éthique et spiritualité

par Gabrielle Lévesque
Gabrielle Lévesque est étudiante au département de philosophie. Elle effectue sa maîtrise sur l’écoféminisme et le concept de l’amour.

Vendredi 27 mars 2015 à 12h00
Local B-3270

Résumé:
La présentation que je souhaite faire dans le cadre du prochain colloque féministe s’intitulera «Philosophie écoféministe: éthique et spiritualité », et sera inspiré de mes recherches actuelles pour mon mémoire de maîtrise en philosophie. L’écoféminisme étant un courant encore assez peu connu au sein du féminisme académique et militant, je souhaite présenter les grandes lignes de cette pensée, qui établit un lien direct entre la domination de l’être humain sur la nature et celle de l’homme sur la femme. Ma présentation sera divisée en trois temps: tout d’abord, je présenterai ce courant à partir des différentes auteures qui l’ont théorisé, notamment Val Plumwood, Carolyne Merchant et Charlene Spretnak. Je démontrerai comment la pensée patriarcale divise le monde à l’aide d’une série de dualismes, notamment l’opposition homme/femme, Blanc/Noir, Culture/Nature, Raison/Émotion, etc., et les impacts de ces dualismes.

Par la suite, je présenterai comment cette pensée s’applique à deux domaines précis, ceux de l’éthique et de la spiritualité. Au niveau de l’éthique, je démontrerai comment une éthique du care (relationnelle) appliquée à l’ensemble des êtres vivants et à la planète est la plus pertinente et la plus adéquate dans une perspective écoféministe pour répondre à l’ensemble des défis auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés, tant au niveau de la justice sociale que de la crise environnementale. Enfin, en ce qui concerne la spiritualité, je présenterai certaines auteures, notamment Starhawk, pour qui la spiritualité joue un rôle fondamental dans la redéfinition de nos rapports sociaux et de nos rapports avec la nature. Si les féministes ont généralement refusé d’aborder la question de la spiritualité, une partie importante des écoféministes croient en la nécessité d’opposer un autre modèle à celui d’un Dieu masculin, blanc et transcendant, car l’athéisme lui-même ne fait que laisser la place à l’influence continue de ce modèle, qui a pourtant des impacts négatifs sur les femmes, les personnes racialisées, l’environnement, etc.

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