Terre-mère: une figure enracinée dans la culture cinématographique québécoise

Par Julie Ravary
Julie Ravary est une doctorante en études cinématographiques. Son projet de thèse porte sur le lien entre identité nationale et identité genrée féminine dans le cinéma québécois.

Samedi 19 mars,
Panel 5, de 13h15 à 14h45
Salle S1-139 – Pavillon Jean-Coutu

Résumé

Les études portant sur les imaginaires nationaux au cinéma ont été l’un des plus importants bastions des études cinématographiques des 30 dernières années. Or, il s’avère qu’aucune de ces études n’a pensé la mise en image de l’identité genrée féminine dans les imaginaires nationaux cinématographiques en faisant directement référence au concept opératoire de la Terre-mère développée par les « Gender and Nation ». Je compte examiner les potentiels théoriques et les retombées concrètes de cette approche par le biais d’une étude du cinéma québécois. Son passé sociopolitique, les liens étroits entre ses objets culturels et son processus identitaire ainsi que les tiraillements entre mouvements féministe et nationaliste, font du Québec un exemple idéal pour l’introduction de la figure de la Terre-mère dans l’étude d’un cinéma national. Le moment d’émergence (Un homme et son péché (1949), la réactualisation (Valérie (1968)), le déplacement (Q-bec my love (1969), et la toujours présence (Mariages (2001), À l’origine d’un cri (2010)) de la figure de la Terre-mère semble pouvoir nous permettre d’interroger l’évolution du lien entre identité féminine et imaginaire national. Quelles sont les identités privilégiées par les récits nationaux québécois en ce qui a trait à la masculinité, à la féminité et aux identités sexuelles? Et surtout, dans quelles mesures et à quels niveaux ces identités sont-elles construites par le médium cinématographique? En résumé, ce projet de thèse propose une historiographie féministe du lien entre femme et nation dans le cinéma québécois par le biais d’une étude de la Terre-mère.

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