Vampires de mère en fille : descendance abominable et écriture transgressive dans le film Byzantium de Neil Jordan

Claudia Boutin est étudiante à la maîtrise en études cinématographiques, sous la direction de Bernard Perron. Ses recherches portent sur les mutations du gothique au cinéma.

Vendredi 28 mars à 13h30

Résumé:
Dans l’édition du Devoir du 29 octobre 2013, François Lévesque identifie le film Byzantium (Neil Jordan, 2012)comme étant une «allégorie émancipatoire», où une mère et sa fille, toutes deux vampires, cherchent à s’émanciper d’un univers masculin oppressant. Le critique affirme qu’en s’éloignant des héroïnes de la littérature gothique traditionnelle et des créatures érotiques retrouvées dans le cinéma contemporain, Byzantium est un film où «l’horreur(…)plaide en faveur du matriarcat».

La notion d’auteur est capitale dans le film de Jordan, et c’est grâce à elle que s’obtient le pouvoir: c’est bien parce qu’elles racontent leur histoire que Clara (Gemma Arterton) et Eleanor (Saoirse Ronan)sont menaçantes pour la confrérie des vampires, exclusivement masculine. En se basant sur les écrits de Sandra M. Gilbert et de Susan Gubar, cette communication abordera l’écriture par les femmes comme étant une transgression. Il sera question de faire un pont entre l’idée d’héritage, de paternité (« authorship ») et du vampirisme féminin tel qu’à l’œuvre dans Byzantium. Une attention toute particulière sera portée au personnage d’Eleanor et au besoin viral qu’elle ressent d’écrire et de raconter son histoire. De cette façon, il sera pertinent de décrire les stratégies narratives à l’œuvre dans le film de Jordan qui permettent à son héroïne de trouver sa voix, et de faire du spectateur le témoin actif d’une telle expérience.

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